Le verbe sensible... Un texte par jour.
D'un seul jet Nous étions partis Aucune erreur n'était prévue Alors, la petite fissure Juste apparue A tout défiguré
Je te vois remuer les lèvres C'est trop loin C'est trop tard
J'aurais pu, en parlant Dessiner des escales Diffuses sur ton dos
J'aurais bu toutes les vagues Tu n'aurais pas coulé
Le chasseur de gris Repassera demain Laissez vos couleurs À la porte
Elle crie elle crie, Et quoi, mon cœur er moi Nous resterions sourds ? Cerveau droit ne l'entend pas De cette oreille.
Et c'est gagné Les reproches au ton d'argent Et les lames de plomb Ont tout emporté
Automates Et la clé dans le dos Qui tire les ressorts Les nerfs Et chaque doigt se tord Qui craint la rupture ?
Presque posé Le feutre traîne Et l'encre sèche
En dessous des âges La nuit incomplète Agite les membres Ne comprend rien au repos
Encore plus de transparence Et bientôt la feuille Sera blanche
La grande peur C'est tourner en rond
Je pars inconscient de la route Il reste des vides à traverser Des illuminations Il reste des monts Des lumières aux sommets Des mystères Des choses insensées
Ce poème n'est pas bleu Si il parle du ciel et de la mer, C'est quand le soleil les sépare Et leur donne des couleurs de fruits Pêche, mangue, framboise, cerise...
Le sac bleu Où attendait l'azur Qu'est-il devenu ? En voilà les morceaux Flottant sur la mer On ne voit plus l'eau
Mollesse de principe Sous les pieds nus On cherche un sol qui accroche Qui ne se dérobe On cherche un sol Fier et porteur Un qui n'ait pas peur
Elles chantent le Soleil Derrière la pluie résonne Le temps se multiplie Plus vite que les gouttes La mélodie liquide Est-elle eau fraîche ou fer fondu ?
La soupe n'était pas prête Elle n'a pas pu être bue On s'en console Avec un bol d'idée de soupe
Encore un décalage Et ton regard Gâche même mes larmes Leur dégel pourtant Longtemps attendu Irradie
À travers mes paupières Le Soleil me chuchote Quelques secrets Le vrai son de ses rayons du soir La couleur de sa compagne Les limites de notre conscience
Secrets des profondeurs La surface est vivante Infiniment sensible Elle sait qu'une fois franchie Tout se révèle
Pleurons pour nous-mêmes Des larmes imaginaires Des gouttes de lumière À faire vibrer la pluie Rions à travers Et fertilisons Suivons les rivières Recouvrons la Terre À perte de vue Les déserts fleuris De nos mémoires neuves Réponse à réponse de Gaïa...
Levez les yeux Et Cessez de compter Combien de rêves ces lignes feront-elles naître ?
Le vide aussi fleurit Partout Où le regard ne se pose plus Alors, la valeur d'une attention
Déchiré, le papier Où s'écrivaient nos vies Sur les bords fragmentés Les fibres s'organisent Fleurissent