Le verbe sensible... Un texte par jour.
Nous n'étions pas dans l'axe Au centre l'attention crépite Nous avons raté notre entrée Et le monde entier ne fait plus que tourner Cercles et orbites Le milieu perdu à jamais
Reste risque sur mon dos Où je vais ? Tu verras bien.
Et ces filles aux yeux d'olive Qui s'affectionnent le nombril Avec détresse Je les placarde à chaque mur D'un regard Qu'elles s'oublient ! Qu'elles naissent !
Les neiges fondantes Les falaises de glace Qui servaient de refuge Perdues à jamais À jamais inutiles
C'est un souvenir Maussade. C'est dans la musicalité présente Peu à peu Qu'il retrouvera le goût Il a frôlé l'oubli
Lance ! Cours, donne, Essuie, bondis, Il en restera toujours quelque chose.
Le cliquetis qu'on n'écoute pas S'est tu Sous le silence, il rampe, Il cherche un echo Comme il a grossi !
Dernier regard en arrière Vers Soleil incendiaire Les couleurs Que je ne reverrai plus Je reprends ma route inconnue Droite et vide Bordée de statues Soleil plonge Couleurs se taisent Ma route est longue La Nuit m'aime
Sans bouger J'attends un éveil Qui s'annonce De plus en plus Proche
Nous croyions qu'un coup d'archet Nous trancherait la voix Nous nous croyions fêlées Fêlées, nous sommes sorties Nous sommes entendues On nous donne la vie Nues, nous la touchons
L'été en robe grise brille d'éclat flou Les ombres pâlies fondent Entendez-vous les cascades Sur tous les abris Glisser en vain Pendant que l'on chante Jusqu'au retour du jour ?
Rouge, bouffi, confit, Le Soleil bientôt cuit Se cache Un coup de vent Le chasse
Respire trop timide Quand il faudrait chanter Bousculer les paroles Et ne rien laisser droit Respire trop timide Quand il faudrait lancer La voix par la fenêtre Et les yeux dans l'air chaud Respire trop timide Et le vent a tourné Faire danser la fumée...
L'iris agité d'un tapis d'éclairs S'ouvre en deux Et la lumière se rue Où irons-nous, mes chères visions, Quand le flot sera consumé Des belles images d'un passé muet ?
Épuisés, ils demanderont la nuit Et la perte du temps Le Soleil banni N'aura plus que moi Rayon chantant J'aurai sa voix
Cette fine sorte de contact Vise juste et touche net
Contre les vagues survoltées Le claquement des vitres Le phare timide Sur le front de scène Soudain donne Atteint les cœurs vides Qui attendaient
Minuit sans bouger La Terre en pause Le Monde sur un pied Le Soleil avec peine S'extirpe du jour passé Revient de l'autre côté
Était-ce moi ? J'ai reconnu ce visage... Une voix pressante M'est familière C'est un rêve délavé Qui s'éloigne Et revient Muguet, encore : le long échange
À ceux qui traînent Le dernier regard en arrière Celui qui salue l'horizon Et le quitte
Le conteur a plongé Sous un ciel trop lourd Alors, très lentement, Ses histoires s'effeuillent Une mousse de bouts de mots, De l'écume, le vent et l'eau, La brume
Les phrases perdues D'avoir voulu Tordre les mots Les essorer Pour qu'ils parlent Les mots qui, pour une fois, Voulaient ne rien dire
Fiers assassins D'un jour de trop Les visages aux fenêtres Agglomérés sur tous les murs D'un geste, tous aux ordures.
Le temps d'inventer un début La fin déjà s'infiltre Alors, le temps se resserre, Et d'aussi fort qu'on l'écarte, C'est un câble solide Qui s'enroule au loin
Du fond du sol, Ce sont les grondements Qui effraient le plus. Tout le reste, Tout ce qui pousse Et qui jaillit, Cela n'est rien, Ce n'est que de la vie.