Le verbe sensible... Un texte par jour.
La mer n'est rien Pour qui s'est un jour perdu dans le bleu
Que boirons-nous, si la source meurt ? Où irons-nous, si le chemin cesse ? Qui serons-nous, si nos noms s'oublient ? Qui a la réponse, qu'il se taise !
Arrachée à la terre et jetée dans la vie D'un coup Les premiers pas Bientôt les mots Et les fruits
Écoutons de très près Respirer nos peaux Un doigt se pose Et c'est le monde
Et voilà qu'il se tourne vers le ciel De la demande plein le corps Voilà qu'il n'attend plus qu'un mot Le mot geste
Des traces, des traces, Que peut-on faire avec des traces ? Les laisser ou les suivre Avec mes traces, je dessine un centre, un cercle Et des rayons
Celle ou celui qu'on attendait demain Frôle la porte De l'autre côté, on s'agite on chuchotte Ici tout est calme, on s'émerveille On sourit, c'est le temps Qui vient s'excuser
Mon cœur est un cactus À chaque battement Une épine se rappelle Une fois par siècle Il fleurit Le parfum rouge d'une caresse
Des mots, et le silence Et voilà le monde.
La Lune à distance Observe À qui le croit Elle dira
Assis depuis longtemps Je vous regarde Le passé m'environne L'odeur très-ancienne De mon œil vif Vous dérange
Le marcheur prend la pose La tête sur les genoux Les genoux à terre Il n'avance plus Autour de lui le désert se déploie Où pas un grain ne parle Où même le vent est muet
La mer entourée d'horizons De l'un à l'autre court une longue corde Que le vent fait sonner En son milieu Un gigantesque nœud Serré mouillé depuis des années Malgré tout Lentement Se dénoue
À l'intérieur d'une goutte Une vie un monde Tombé au creux d'une main Bu ou séché Son histoire continue
C'est la bousculade Quand les mots s'autorisent La bouche ne suffit plus Il en faudrait deux
Le printemps s'emballe Et l'arbre Noyé dans sa sève Dégouline de vert Les racines recouvertes S'étouffent Vivement la saison sèche
La nuit de ses paroles Voile son visage Il faut beaucoup d'efforts Pour la consteller Pour y étaler des ciels Sous lesquels s'étendre
En désert Les roches Les images récurrentes Les grincements de la terre Seul sur le grand sol Ne compte plus les pas Ecris sur le ciel
Quand le livre Contredit l'histoire Qui croire ?
Parmi toutes les langues du monde Il y en a une Qui accueille les mots Que je te dirai Une seule fois Et qui resteront dits
Tous les jours Le regard des autres Qui ne savent même pas Que tu n'es plus là
Vu sur fond de ciel de nuit Une énorme boule de gui Rend un arbre presque mort Joli
Pour toutes les choses sans forme On propose le rond Anonyme et parfait Rares ceux qui en veulent
Oublions l'air Ne respirons plus Que nos odeurs !
Si beau que soit ton vol Elle ne bougera plus Elle attend Les yeux fixés au ciel L'homme aux ailes réelles