Le verbe sensible... Un texte par jour.
Au bord du sommeil Des questions abruptes et de lumineuses solutions L'impensable Mille attentions se superposent Les visions quotidiennes débordent L'orgue permanent Les explosions temporales Le décor en chute libre Se fragmente en facettes Ou D'un coup...
L'œil rivé sur la montre Inutile de faire semblant Le temps se démaille et tu comptes les trous
Un instant d'absence Et le monde est changé
La terre est dure En attendant la pluie
Puisque le plus petit soupir S'entend encore dans ton silence Je m'en vais réveiller les grands espaces La rumeur du désert L'harmonie lunaire L'air d'un texte oublié
Pliant sous le poids Les yeux se ferment Sous les paupières L'espace infini se peuple La longue liste des pensées anonymes Enfin écrite S'efface au premier regard On a rêvé
Après des jours à plein régime Des jours et des jours Sans pause Forcer sur les machines Des jours sur d'autres jours Alors, garder l'élan, mais Couper les moteurs Fermer les yeux Planer Ne reprendre qu'avec envie !
Il y eut des battements Des souffles Des frottements Et mille autres instruments Et le silence a repris tout l'espace. Mille ans plus tard, Que soient fructueuses Nos retrouvailles !
Quelle étoile Pour un Soleil qui s'ennuie ? À des distances irréelles Des rayons s'échangent L'un d'eux peut-être Me frôla. Ma peau en vibre encore
L'esprit en partance Entame un grand coup d'aile Et la poussière s'envole Nuages ou volutes Avant même le départ Déjà c'est beau
À l'écoute intérieure Quelques sons d'abord Et le chant se lève Parfume les couleurs Ouvre un univers Inconnu Qui pourtant n'est que moi
Un rayon d'être Croisé au hasard Fragment d'une histoire Ou regard isolé Continue de flotter Un petit rêve, peut-être S'en souviendra
Larme séchée Cristal taillé Portée fièrement Au bord de l'oeil Un coup de cil Et poudre d'air Elle s'éparpille Oubliée - presque
Choses et images Se croisent À l'écart du temps La mémoire comme un jeu de miroirs Multiplie les écrans les montages et images de Cécile
Ce qui grille les ailes Ce n'est pas le Soleil Ce qui casse les branches et ronge les racines Ce qui saigne les vies et sèche les baisers C'est le temps ! Le traître, l'immobile, Infiltre la nature Confisque Mains fractales Bouche ouverte Sans bouger
L'oreille en boucle Autour d'un air léger J'écoute pousser la sève Dans mes branches nues Je pense à chaque feuille Que me promet ma chair J'espère être de ceux Qui passeront l'hiver
On fait pourtant d'énormes efforts On s'invente des espoirs immenses Et tout ça pour... ? Tenir jusqu'a demain ? Durer un tour de plus ? Rêver au mois prochain ? On se demande encore Et puis on évite de se demander La réponse est trop proche
Quel que soit l'air qu'on inspire Faire en sorte Qu'il ressorte Mélodieux Merci Arthémisia, encore une fois
Bue la peine Bu l'amer Que reste-t-il à boire ?
J'avais semé cette étoile Il y a longtemps J'ignore où elle a germé J'en reconnais aujourd'hui l'éclat Dans le reflet D'un oeil Nouveau
Chaque jour Des milliers de petites bulles Toucher celle-ci, claquer celle-là Qu'y trouverai-je ?
L'éclatement d'une bulle C'est un monde qui disparaît D'un coup mat Et seule la mémoire mesure à quel point il était fragile Chez Ut, la chute d'un Ange, et c'est un autre regard sur les bulles.
Sentir l'élan qui monte Atteint le seuil limite Et qui se concrétise Coule le long de mon bras En boucles noires à transcender
Alors, le langage serait une déchirure ? Dans la grande trame muette... À travers, on peut voir l'autre côté. Réponse à Ut qui répondait à Brunô qui...
De nouveau, les épines La glace qui ne fond pas Annoncent un naufrage Évité de justesse Pour combien de temps ? C'est la saison où rien ne sèche.