Le verbe sensible... Un texte par jour.
Il faudrait des lianes Accrochées aux nuages Pour passer plus facilement D'un soleil à l'autre
Se glisser entre les deux Les questionner Savoir un jour Entre l'ombre et la lumière Quelle est celle qui sculpte l'autre
Toi qui marches chargé Tes pas font trembler le sol Aux vibrations que je reçois Je crois savoir ce que tu portes
Un anneau nous entourait Pendant cette soirée. Crois-tu Qu'il s'étire en notre absence ? Ou qu'il nous attend au point de rencontre ?
La branche est tombée Que ressent le tronc? Qu'importe ? Puisqu'il faut Qu'il tienne Qu'il porte Qu'il reste droit
Quand penses-tu naître ? Demandait-elle à l'astre La réponse est venue Bien plus tard Elle attendait toujours
C'est une couleur inédite Ce vent léger semble tout neuf Et prêt à se lever À déplacer des dunes À mettre à jour des trésors Inconcevables L'instant d'avant
La vue troublée Par les larmes ou par la pluie Qu'est-ce que ça change Quand le ciel est gris ?
La dernière feuille Tremble et Quitte l'arbre Il reste seul Nu Le vent s'en moque
Elle porte dans un sac blanc Son nom Et Ce qu'elle prend pour toute sa vie
Serrés dans nos habits Nos corps s'obligent au silence Des signes s'échappent Par les fenêtres Et sont perdus
Le cuir épais de sa lourde veste Retient le sol Et ses épaules baissent Fière pourtant leur courbe Qui maintient sa tête Libre
Des pouvoirs de lumière Plein le cœur Et pourtant Ce qui est noir parvient Parcourt les membres Résille la peau Pénètre et broie À l'étoile étouffée Qui rendra ses rayons ?
La vallée ne dort pas Elle cherche le sommeil Toutes couleurs passées Elle attend la neige Les premiers flocons Le repos de saison Elle trouve le temps long
La tour monte encore S'isole Et ses murs s'épaississent Bientôt Il faudra des pioches On n'a pas jugé bon d'y ouvrir Une porte
En voici un qui se voit Emmêlé dans ses pas Criant pour qu'on l'atteigne Secousse ou caresse Qu'on ne le laisse pas Seul ou sans issue
À la base des brins Où l'herbe se crée Sur la Terre qui prend vie Je pose ma main Ma tête Et soigneusement J'oublie
Le signe d'une vie Petite et malaisée Sur son front Tu veux l'effacer As-tu demandé La permission ?
Le miroir reste vide Ses bords durs n'encadrent rien Au premier regard droit Vole en éclats
Dans un rêve jamais rêvé Quelqu'un qui n'existe pas Sans un mot M'a dit ton secret
Encore toutes s'éteignent Les lumières Des plus vives aux plus lointaines Le ciel désert Hurle aux siècles Ce qu'il perd Ce que le vent arrache aux roches Et l'eau sèche
Le pied s'accroche au sol gelé Chaudement le sang accourt Et fait fondre Il reste une trace Il reste mille traces Et beaucoup plus Leur parcours dessine Des cercles Des mots Et d'autres choses
La porte claque L'escalier grince La ville frissonne Dans ses longueurs La pluie lui donne Parfois Des reflets d'ardoise Un éclat
Voyage Viens-tu ? Vers un peut-être Qui n'attend plus Pour être Que nous
Le cadre est vide Un bord est en miettes Le tableau est libre