Le verbe sensible... Un texte par jour.
L'horizon peut être d'une ombre infinie Une étoile suffit À transpercer l'oubli
Dans l'œuf La création Lentement mûrit Pour qui croit en son œuf Préparer l'éclosion Est plus beau que long Vue sur l'œuf
Seul on se sent, seul on se croit, seul on se vit, Trop lourd et trop rien L'unique et trop fidèle solitude Finit par déborder Mord sur tout Et tue Origine Diaphane
Un nuage, deux nuages En travers du Soleil Glissent leur ombre Est-ce qu'elle sera belle ?
Juste un regard Au-delà du mur Le monde est vivant ! Et revient la caresse de jours aimés Doucement sur la peau puis dans l'âme La vue renaît puis la parole Le partage L'amour
Tous les jours à l'œuvre Le temps joailler Saisit d'un coup de pince Chaque seconde passée L'inclut dans la résine Et l'expose en vitrine
Nos parcours disjoints s'embrument Les fenêtres renvoient Les reflets d'un convoi Flottant tous feux éteints Frôlant la route absente Les visages se ferment Il faut de toute urgence Écouter les étoiles Et le chant le plus proche
On peut s'emplir d'un paysage Sans compter le temps Se fondre tout entier Dans chaque centimètre Caresser du regard la moitié de la Terre Tout en tournant le dos Au plus beau Des mystères
Écrasé par le poids D'un nuage inondé Mon sourire essoré Aurait pu prendre froid
En vivant sur la toile Les couleurs s'enhardissent Offrent quelques signes Aux tableaux voisins Une vie se dessine Apparaît et jamais ne s'efface La marque rouge Des choses survenues
Revenue de ses gouffres Au milieu des pulsars Une étoile se rallume Et le ciel est changé
La rose est tombée Au bas de sa tige Ses pétales séchés S'éparpillent Au hasard du vent, messagers, Souvenirs de son parfum.
À la pointe d'une branche La goutte hésite Lumière pâle en profite Pour s'y cristaller Au moment de l'arrachement Comme au ralenti Mille rayons infimes Crient en couleurs
Dans le creux de mes mains Tous les silences tus J'en mesure la portée Leur son Secret Qui n'aurait jamais dû sonner
Guide-moi vers ton visage Qui que tu sois J'entends déjà les tambours Les feux de joie Dans ta voix Trois cent mondes en un regard Et la distance fond À se toucher presque Oubliant d'imaginer Quelle figure aura le monde L'instant d'après
En contre-jour Un bourdonnement L'oiseau furieux repasse entre le soleil Et mes oreilles Les plumes cendrées jaillissent et se plantent Où elles tombent Le sol ricane Puis se ravise Je lui pardonne
D'abord les souffles s'éparpillent Cela peut durer longtemps L'un d'eux par surprise Trouve le sommet Et tous à sa suite Transpercent les nuages
Sur le bord libre du silence Quelques notes étonnées Se regardent La voix qui les chantait s'est tue Se regroupent Attendent son retour Sur le bord libre du silence
C'est la vie, Ou quoi d'autre ? Qui nous injecte Goutte à goutte Des encres colorées Sombres ou aérées A nous D'en faire un tableau Beau Souvenir d'un clin d'œil de Colette
Vu passer Dans le ciel tacheté Une grappe de baisers Messagers d'elle à lui Depuis, me semble-t-il Le bleu n'est plus le même
À la pointe d'une flèche Le vent siffle Coupe le souffle Rien d'autre à faire qu'attendre le choc Avec la pomme, le cœur, La cible Rien d'autre qu'espérer Ou redouter Le choc Ou son échec
Fine et fluide L'idée qui s'échappe Semble perdue À qui la trouvera On souhaite Bonne surprise
On la cherche au plus haut On oublie de regarder Sous nos pieds L'invisible évidence Mrs. Muguet inspire...
Mon passé n'est pas mort Il hurle derrière moi Des propos absurdes Éteints et violents Et pourtant indispensables
Le Vent chargé d'odeurs millénaires Nous transforme Nous devenons immenses Et l'espace - et le temps Deviennent encore plus grands Et pourtant Nous en faisons le tour Chaque jour Sans bouger