Le verbe sensible... Un texte par jour.
Puisque tu chantes Je cueille au passage les fleurs de ta bouche Humblement je leur offre une terre émue Prête à toutes les racines Et l'air s'éclaire Et la vie que tu portes Nous a fait naître
Je suis allé chercher très bas La danse que je t'offre Loin sous le sol Où bat le cœur D'un rythme millénaire
Qu'un œil démange Que l'autre pleure Les larmes se mélangent
J'ai perdu la ligne droite En suivant une toupie J'ai la démarche courbe Et le regard bouclé Tout ce qui tourne me trouble
Les moteurs sont coupés Laissons le sol monter Lentement Chantons en attendant Le choc
Frileusement je m'en remets à toi La grande ouverture de tes bras La profondeur de ton champ Qu'ils me recouvrent Je dormirai tout le jour
Qu'un flacon d'encre Se renverse En travers de ma route Dès lors, me suivre à la trace Deviendra plus facile
Autour de moi des visages Connus s'affairent Se donnent l'air D'être un bout du paysage Autour de moi des visages Murmurent Se pardonnent entre eux M'effacent [du paysage]
Je n'ai pas oublié Les heures noires Un damier dans la mémoire
Un œil se ferme Et pas l'autre Un jour peut-être se mettront-ils d'accord
Quelques instants la tête dans les mains Loin de tout Et bien trop près soudain De l'horrible gueule surgie La mâchoire hérissée, qui m'asperge de rage Plus bouger Supposer Qu'elle fatigue
Mon enclave est admise Et rien n'y filtre Un ici feutré Tout isolé de murs Et rien n'y perce Rien n'y vient Tout y reste Le même que demain
Une Ruisselance de Lumière Ca fait longtemps qu'on en parle Mais on l'attend toujours L'Artiste Le Visionnaire Qui saura nous la montrer En attendant, on ferme les yeux Et on cherche, Chacun son propre artiste
Comme si j'étais la chose La plus lourde du Monde Me porter tout seul Me fascine parfois Souvent me fatigue Et me semble impossible Alors quoi ? Plier sous le poids ? Tout poser et partir ? Demander de l'aide ? Changer de regard ?
Une étonnante quantité D'identités Encore en moi De laquelle de ces voix Es-tu vraiment l'écho ?
L'air est malade Il se vide, il est laid Pourri Seul pourrait Raviver son éclat Ton regard
Ca fait toujours plaisir de revoir Comme un ami Entre deux nuages Le Soleil Devenu rose
La revoilà, ma solitude Ma seuleté encore accrochée à ma jambe, n'avait fait que semblant de partir cachée dans mon dos faisant de grands gestes "Ce mec est à moi N'y touchez pas !"
Un petit air entre les deux oreilles Et des notes plein les cheveux, Bientôt tout l'esprit en musique ! L'éveil descend le long des nerfs, Et danse ! danse ! danse ! Même en silence.
Une mini-forêt Un grand arbre y pousse De son sommet On peut voir Tout
Son envie la reprend D’être prise à mains nues ; Lascive, elle accentue Son ondule, elle oscille, Et prend l’air imbécile En baissant les cils.
Le monde abandonne Plus une maison ne tient Les villes oublient La mer vomit tout son sel Et je ferme les yeux Le Soleil grince au ciel râpeux Dans l'air lépreux ton nom se coince Absence me racle le dos Dis, reviendras-tu ? - Né chez L'Anonyme -
La mer est assez salée pour être une larme Tenir toute entière dans mon oeil Le remplir d'images Un jour je les raconterai
Rayé le disque solaire En mille éclats diamantaires Plantés dans mon coeur Il y en a qui trouvent ça beau Ils ne voient pas Que je pleure
Ce soir mes larmes réclament leur liberté Les anciens chagrins non soldés Me renvoient leur facture - Je refuse Ils insistent et se fâchent Envoient les huissiers Procès et pressions - Je tiens bon Je fais la sourde oreille Je rentre les épaules J'attends...