Le verbe sensible... Un texte par jour.
Grinçant des dents Et des doigts Dans le froid Ce petit personnage inquiet Sait-il Où il va ?
Joindre juin à décembre Et décembre à juin Quatre fois par an C'est trop Les matins de novembre fatiguent La brume a pâli Les neiges s'épuisent Il est temps d'être mûr
En ombres découpées Devant le Soleil Des questions ailées Se rassemblent Convoquer des nuages Pour les masquer Ne mènera qu'à l'averse
Et puis il y a ces silences Intenses et brefs Qui brillent comme des éclairs Et le temps qui repart Troublé Dans l'attente du tonnerre
C'était le vent du Nord Qui sortait de ta bouche J'ai bien écouté jusqu'au bout Les averses pesantes Les ombres étalées J'ai bien écouté jusqu'au bout Dans tes derniers mots Dans tes yeux de glace Les forêts de Norvège Les neiges de Russie Les volcans...
Un petit cri Un presque rien L'ai-je bien entendu ?
Ta bouche forme un mot Sans y penser Tu le regardes er S'en vol
Des gouttes uniques Se forment Au coin d'un œil Ou En haut d'un nuage Certaines Se jettent Sur ton cou Caressé autrefois
La neige a pris Sur les hauteurs La montagne est adulte De sa grande altitude Elle regarde Son ombre S'allonger
Voilà qui est dur Voilà qui perce la peau Le thorax Le cœur Voilà qui perce et expulse L'intérieur Perdu Dissous
La trace d'un pas S'efface Plus vite Sur un sol qui hésite
N'oublions pas la face de lune qui nous oublie De nous part le ruisseau Qui en fait le tour Et regardez Dans l'espace Les gouttes Des perles Elle ne se retournera pas Mais - milliards de reflets de sourire
Ose les ciseaux Retenue par un fil Tu sauras si tu tombes ou voles Veux-tu savoir ?
Des mots en l'air Se retournent Qui les cueille Sera surpris
Dans l'ombre muette Je compte les pas Je m'écoute Dans l'ombre muette J'ai compris le sens de mon nom
Bientôt le chemin comme neuf Toutes les traces recouvertes Mais tu sais, toi Ce qui se cache Sous la poussière du temps
J'ai vu glisser entre ses dents Puis se raviser Le mot qui aurait pu
Ce soir souffle sur la lande Un vent nouveau-né Les branches et les odeurs Comme agitées pour la première fois Sourient rose et jaune Éclatant Sol majeur
Le dessus des choses tristes Parfois sourit
Encadré de coussins Il dort Milieusement
En exil et feutré Les yeux inexistants Je n'attends pas qu'on comprenne Je cherche un regard Sans bouger J'existe
Et comme l'air se fige Quand nos élans exigent Qu'on le traverse ! Et les fronts se cognent À la herse Du temps
La tache s'étend Le rouge vous va si bien Tout ce qui touche ces joues Me coule
Qui se débat Sous sa cloche en verre blanc ? Des sons de flûte et des cris Qui de nous osera Le marteau Le contre-ut La fissure ?
Le ciel se voile Se grand'voile Et lève l'ancre Suivons-le Derrière nous en couleurs Les bords du drap s'arrachent S'ôtent complètement Champ libre aux étoiles