Le verbe sensible... Un texte par jour.
Il reste sans réponse Le pourquoi d'indignation Luisant d'indifférence
Assis, en rouge et bleu Devant une fausse fenêtre Immobile et comptant ses manques En attendant un feu Qui ne s'allume plus seul
Renversons nos maisons Les toits à l'abri Les caves respirent Inversons murs et portes Que tout ce qui macère Soit rincé
Mon éclairage interne éclaire bien l'entrée du tunnel - Mais rien sur l'intérieur - - Rien sur l'eau qui y coule - Le noir des épais silences Et j'entre C'est un acte de foi
J'en suis encore à suivre tes pas À leur trace dans la terre du verger où poussent les fruits des promesses que nous ferions peut-être si nous savions comment
Qu'il sorte encore, L'alcool fort De tes larmes ! Qu'il se prenne Au piège De tes cils ! Qu'il irrite ton visage ! Qu'il essaie ! Qu'il ose ! Je l'attends.
L'éblouissement Ou la dérision Qu'apportera la prochaine question ?
Au milieu du désert Les pieds fatigués Des rêves d'ailes Naissent En plein ciel Les ailes harassées Que faire ?
Ici vous savez Il n'y a que des premiers mots Il y a des silences brisés Des distances à déchirer Ici vous savez on ne balaie qu'une fois La poussière Et puis On l'oublie
Vous viendrez bien jusqu'à moi Je suis arrivé là D'où on ne bouge plus Les pieds serrés sur un petit rond d'herbe J'écarte les bras Je m'équilibre Regardez Je commence à me ressembler
Le temps s'est endormi Sur les champs dévastés La terre est restée morte Son odeur appauvrie Ne signifie plus rien Les lendemains se font attendre
Le présent n'a pas tous les droits sur le futur, Le passé non plus, Nous avons notre mot à dire. Nous sommes en droit d'exiger L'espoir Au minimum
Le violon d'une plainte Et tout l'orchestre Le choeur des hoquets Tout est là Qu'attends-tu ?
Droit comme une aiguille Un éclair a frappé net Alors, montant du cœur du monde, Déferle lentement, Dans toutes les directions, Délitant la surface, Une nouvelle sorte de plainte À une lettre près...
Il y a eu l'origine du monde Et cet instant. Il y aura peut-être la fin Et tout le reste - oublié.
Les oubliés sont nombreux Combien ? Qui s'en souvient ?
Ici Les couleurs sont de trop On voudrait les éteindre Et dormir
Tes yeux sur un fil tendre Sans fin jusqu'aux miens Au milieu des foules M'offriras-tu de voir aussi ton visage ? Tous les yeux autres tombent ou se ferment La pluie emporte ceux qui restent Toujours le fil tendre Est langage
Mon ombre se bat - Contre qui ? Mon ombre se bat Pour savoir Contre qui
Un catalogue d'idées noires, Bleues ou vertes, peu importe, Arrivé par courrier Un jour de relâche Je tourne les pages Il n'y a pas ma taille Les couleurs me refusent J'ai les idées confuses A la fin du recueil Je n'ai rien commandé Mes prochaines pensées...
On se fabrique des mémoires Qui brûlent toute la nuit Comment dormir ensuite ?
Bien au fond du temps Un Soleil minuscule Parmi les grains de sable Panique Ses planètes ! Perdues dans la marée...
Une lumière qui s'ignore S'est éteinte sans le savoir On dit qu'elle est perdue C'est difficile à croire
Un petit peu de blanc Au milieu des couleurs Tourne et se répand Quelques instants de pastel voile Et tout reprend un ton plus clair
Je ferme les yeux Le noir se détend Et puis s'anime Et voilà que remonte La petite bulle bleue Qui contient mes bonheurs Pour qu'elle éclate Il faut que je la perce Avec une aiguille Ca va lui faire mal J'hésite Je me décide Elle s'est envolée