Le verbe sensible... Un texte par jour.
C'est l'urgence On peut voir le temps se durcir Il faut que je m'accroche Ma lumière, ma lumière ! Comme un brise-glace Déstresse l'espace
Assise en pantalons serrés Elle regarde mais pas nous Elle regarde son ennui La précède
Pointues les griffes non non pointues comme l'épieu qui clôturera tes jours Les lacèrent en diagonale derrière le frontal déchu Attends la dernière dure et froide couche de marbre Tu ne la regretteras peut-être pas
La brume sauvage À notre rencontre Le contact est très flou La caresse inaudible Et le sol dilué Quelques pas pourtant fermes Effacent le monde Le bout des doigts Le corps Vaporisé S'unit Prend part à Notre nouvel être La brume sauvage
L'oreille qui siffle L'oreille qui chante Il faudrait qu'elles se mettent d'accord
Des yeux comme un plongeon Des profondeurs solitaires Les fosses remplies de monstres Et merveilles esquissées Jusqu'au jaillissement de surface Qui perce la lumière Et fait vivre les gouttes Les paupières essuient Et tout recommence
À travers le o de porte De temps en temps Elle glisse un regard Le plus souvent Des visions ébouriffantes Et parfois juste son œil Qui l'observe d'en face
Ils étaient cent vingt rochers Qui attendaient en haut Le jour de la chute Grand spectacle Il y avait du monde Maintenant, posés en bas Les morceaux Se laissent admirer
Nous avions l'art des rêves Nombre d'entre eux sont tombés Nous allions au cœur des choses Nous étions au-delà de la vue Quel aspect prendrais-tu Si je te regardais à nouveau ?
Entre moi et l'instant L'attente est un gouffre Qui se referme Sur mes nerfs en boule
Le temps dans la bouche Tu ne parles que de lui Il passe et tu le mords Le temps file entre tes dents Baleine ou lézard, Aucune mâchoire Ne broiera le temps
Ce sont des gouttes d'eau de mer Qui s'envolent par petits groupes, Cherchent un visage triste Pour y couler doucement. Avec mes yeux tout secs, Je les attends.
La pluie se disperse Alors tous Tous les toits Tous les feuillages Toutes les têtes Tous guettent Qui aura la dernière goutte ?
Dans l'ombre En silence Nous marchions Quand l'éclair est passé Nous avons vu nos pas Certains l'ont suivi D'autres n'ont plus bougé Nous avons repris la marche
Chaque larme que tu as perdue Où qu'elle ait roulé J'irai la ramasser S'il le faut je plongerai Mes mains dans la peinture Je leur sculpterai un nouveau visage De nouvelles odeurs Je les recollerai Toutes Aux rayons éteints De tes yeux rincés
Avant l'éclair L'air est comme du verre Dense et fragile Qu'avons-nous dit pour qu'il éclate ?
La pierre lourde et dure m'a parlé Que m'a-t-elle dit ? J'ai oublié. Je me souviens de sa voix Minérale et caressante Gardera-t-elle de moi Gravées en mémoire La forme de ma main La force de mon bras La trajectoire en cloche Dans l'air Vers l'eau ?
Revient la saison des marrons Et des choses concrètes Jonchant le sol Redécouvrons l'insistance D'un glissement Vers un temps et un espace plus denses, Plus ramassés La sensation d'être dans un ballon percé Qui se vide Se ride Se tasse Inéluctablemen...
Ton geste nu Sur la peau douce D'un regard grand
La main sur la joue Pendant des heures En attendant l'audace De lever la tête
Pourquoi Même dans mes bras Tu abandonnes Pourquoi Ce qui t'échappe Est-il si grand ?
Le prochain pas Sur quel sol se posera-t-il ? Il se peut qu'il se dérobe... Alors, le temps de croire à la chute, Chuter ? Saisir une branche ? Ou s'envoler ?
J'ai lancé un regard Plus loin que prévu Glissant d'un ciel à l'autre Il affine la beauté vue Il reviendra mûr Je te l'offrirai
Si je veux je solidaire J'ensemble la nouvelle de notre Ensemencement
Sur chaque face de ma tête Les étaus sont en fer Durs et plats, et serrent Un peu plus à chaque Prise d'air