Le verbe sensible... Un texte par jour.
Suivre la lune dans son cycle, derrière elle en permanence, ça c'est une vie. Il y a ceux qui vont à pied et ceux qui volent... Ils finissent par se connaître !
Jour après jour Tu te crépuscules La lune t'envahit Pâles cratères Le sol t'appelle La Terre se creuse Et la poussière
Perdu dans la foule Des gens et des gens dans tous les sens On dirait comme une danse Et une sorte de musique Avec toutes les voix du monde
Comment relier Deux regards perdus Qu'une ombre sépare ?
Suivi du regard Une peau tatouée de lumière Un instant, son odeur éclairante Et son souvenir Lumière aussi Peut-être n'est-ce qu'une idée fixe...
Ici, au ralenti, Le temps mou s'anémie Au large, les canots s'aparpillent L'horizon est percé Par ses failles Le Tout se perd
Des fibres, amies, C'est une corde De l'une à l'autre Un frisson Un secret passe Dans les deux sens
Devant la mer attirante On voudrait se sentir léger Aller plus loin que le regard Traverser vagues et nuages dorés Mais toujours Les pieds lourds Cloués au sable On ne décolle que des yeux Et on finit par s'en aller
S'il le faut je donnerai mon sang Mon cœur et ma peau Et ce qui vient avec Tout ça ne m'effraie pas Avec ce qui reste Vous verrez Même si ce n'est qu'une plume Je referai le monde Encore plusieurs fois S'il le faut
Je suis une métaphore J'appartiens au monde Par des voies de traverse Une galaxie peut-être Un objet éloigné Me répond Transcrit mes émotions En ondes chromatiques
Mon ombre a mordu sur la Lune Dans le ciel ses traces de pas Sentaient la prune Mon ombre est revenue vers moi Dans ses poings le sable des dunes Coulait tout bas
Si je trouve un départ S'il est encore vivant Si c'est moi qu'on attend
On l'a vu prendre les mots Les forcer à parler Les presser et presser trois fois Chercher un jus trois fois bu Trouver une goutte et crier Mon pouvoir est toujours là !
Assis au bord Les yeux se détachent et volent un peu partout Le cœur se détend Les mains dessinent Sans y penser Les formes d'un monde Attendu
Dans le contact du vent Quelque chose donne aux arbres Une envie d'arrachement Le premier qui y parvient Sera vite suivi ! Demain dans les forêts célestes
À quelques secondes du bonheur La vérité sort nue S'imprime au fond des yeux Et sur les peaux On la retrouve ensuite Qui chante doucement Sans savoir qui l'écoute
Les images qui se suivent Sans pause Sans interstice Parfois La tentative d'un regard Posé Réussit
Tout semble calme Alors que plane Une envie de catastrophe Le cri trop enfoui Percerait la roche Les pluies de cendres Rendraient les chants fertiles
Ici le silence rugit Il est épais partout Il suce ma voix et la digère Ici le silence a pris l'air
Le temps d'un clin d'œil La paupière est fermée La lumière enfermée En profite Les couleurs interdites Les éclairs et les noirs purs Quelques rayons en spirale L'un d'eux s'échappe Je l'ai vu passer
Suivre ou partir La tête basse Une ombre pressée Rien à choisir mes mains se tordent Et se détordent en vain Rien à choisir c'est droit devant Demain c'est devant
Devant mes yeux les mouches Brouillent Tournoient Fatiguent Harcèlent Mes bras n'y peuvent rien Je ne baisse pas la paupière Je vais à travers l'essaim Au prochain courant d'air Il sera loin
Il chante en haut à gauche Le reste est fumée grondante Tant qu'il tiendra Il restera de l'air
Que répondre ? Encore un lit de glace Appelle Attend que je m'allonge Sur place Les yeux fermés Debout Au bord Sans barrière Je tourne le dos J'affronterai le vent
Un jour à la source, Un jour à l'estuaire, Dans les deux directions, survolons la rivière, Cent fois ! Apprenons-la par cœur. Mais au moment de la descente réelle, Dans le courant, Nager sera l'essentiel.