Le verbe sensible... Un texte par jour.
Les coups répétés Pourraient déformer le visage Parions que le mur Cédera le premier
Je me suis assis solidement sur la Terre J'ai ouvert mes yeux Je n'ai vu que mon ombre s'étendre sur les collines L'air humide et frais La rosée
Des gouttes Tapent À chaque Ploc Le monde se crispe
Vois-tu Le manteau d'air s'étend Plus épais que le vide Autour de toi Sans lui tu aurais froid Et pourtant Nos soleils te seraient plus doux Sans le coton Sans la vapeur
Reflets rares de soie Le fil est presque visible Coulé dans l'air Si tu suis ses boucles Tu me trouveras
Trop d'ouvertures Trop d'air passe Et le cerveau Devenu poreux Sèche
La chaleur, et la répétition Qui bout et traverse les veines L'explosion des granules et des billes Ma tête est un éclat de verre Qui lacère l'oreiller
Et si les souffles s'inversent Alors l'air brûle On le crache au plus vite On le charge de sons, La rage !
Les yeux ailleurs Son regard fermé Surcharge l'air en sons tus Se rapproche la menace La déchirure D'un regard-éclair
Tous les matins Deux brins de lumière Qui ne se rejoignent qu'en plein ciel Viennent doucement jusqu'à mes yeux Les caressent Et je me réveille
Happé, ce que tu allais dire Est retombé Les mots abandonnés Encombrent
L'espace tendu de toiles Plus ou moins décorées Irait-il jusqu'à se resserrer ?
Goutte d'eau Le frisson presque liquide Fait le tour de la peau
Juillet à rebours Écrit l'orage Il vise large Il bouscule Il met le son avant l'éclair L'attente inversée Devient infinie
On respire en moi Des bouches assoiffées On chuchotte On remplit mon souffle On perce peu à peu Mes pensées On me parle Et mes mots sont multiples
C'est la vie qui nous dévore ? Non c'est nous qui la mangeons Le jus coule sur nos joues Il n'y a plus de retenue Nos talents sont immenses Et nous les mangeons tous
On a soufflé sur les cendres Pour les suivre Qu'on n'oublie pas les braises
Peu à peu les jours grandissent Bientôt bientôt celui où Mes deux bras seront d'accord Pour accueillir ces deux autres bras
Les roues déversent Trop lâchées sur les pentes Bientôt le lac, et la rivière ! Mais que feront les roues sur l'eau ?
Juste en face L'Afrique Et les Terres gelées du Sud Pour qui veut tendre la main Jusqu'à toucher le Sol Que la Terre est proche !
Non ! Je ne dirai plus Rien ! Je n'attends plus Le son des mots Pour les offrir Je veux les suivre Leur montrer la route Je les veux voir vivre !
Écoute le vent Il ne dit rien Il caresse Il renverse Il essaime Sans rien dire
Et le soir, j'irai sur les collines J'irai chanter au jour qui meurt L'hymne sauvage de sa renaissance
Les grandes images Devant les yeux Brûlent Il n'en restera rien Sur les cendres Une odeur tenace Une question Presque lisible
Hurlant sa lumière Le corps commun S'enlace Hors cadre Deux regards fixes Se tassent D'une ancienne réponse