Le verbe sensible... Un texte par jour.
Je suis le transporteur Je reprends ma tournée Chargé de mots aimés Qui n'ont pas été livrés J'ai ma liste d'adresses Où je pioche au hasard Quand l'envie m'est offerte Je ne suis pas pressé Le temps ne me concerne pas
Effacé le fond de l'Océan L'eau hésite un moment L'avenir du Monde Dans sa décision De flottement
Creuse encore, creuse, Peux-tu plus creuser ? Peut-être la fuite Est-elle bonne après tout Plonge sous le sol Et creuse encore Après le tunnel peut-être Nous reverrons-nous
Les lumières vacillent Dans l'autre vallée La Terre a tourné
Quel est le soir, quel est le matin ? Quand la lumière perle et goutte Et fuit Pour savoir, cherchons un souvenir De jour ou de nuit
Attentive Persiste L'écoutante nuit Son épaisseur câline Absorbe la lumière Et tous nos secrets
Le rond de lumière À la poche percée S'écoule pas à pas C'est bientôt la rivière ! Née de la poche percée De ce rond de lumière
Les refus sont en masse Ils se précipitent Il y en aura toujours un Pour tendre la chandelle
C'est le grand feu Sauvage et vorace À peine touché du doigt Il se rue dans les veines Sur le sable maintenant Es-tu braises ou cendres ?
Du blanc, et bien plus De l'écume Du vent Tout ce qui glisse entre les doigts Je suis fait de cela
La présence superbe D'un œuf Cette ruine est un nid
La source où tu te bois La terre qui t'enveloppe Toutes te magnifient Sans raison
Les feuilles tournent plus vite encore J'enduis leurs faces de liqueurs Sombres et sucrées À tous ceux qui les boivent Je dis merci
Quelques danses plus loin La plante a grandi Ses feuilles sont un rythme
L'âpre décision Est mûre Déjà le réel S'y colle
Superflus L'ocre et le gris Du ciel d'hier soir ?
Perçons la couche d'air Qui nous enrobe tous Écorchons les barrières Touchons-nous !
Nous étions tous en paix Quelle brutalité Dans la voix de rasoir Qui nous fit lever !
Si tu ne dis rien Ta voix ne sera qu'une inquiétude Supplémentaire
La brume sèche La soif qui épuise le vin Les sables enfumés Parfois ta nage Devient maladroite
Ongle blessé Au bord d'une main Ne griffe plus
Étais-tu dans cet orage ? Dont le pluie amoureuse M'a collé les cheveux L'eau qui sèche achève De me laver le cœur
Le tissu est heureux Entre nous De bonnes choses le traversent
Peut-être surpris Un regard se baisse Il y a eu surcharge
Des secousses Là où il pleut Si l'eau frissonne Nous nous y aimerons