Le verbe sensible... Un texte par jour.
Tant qu'il restera des bords Des marges Des franges Et toutes sortes de contours Toujours Je frôlerai le monde
Apprentissage, de nouveau D'autres leçons se donnent Germinent de bourgeons Impatients de m'attendre Affermi, je les cueille tous Je m'en nourris entièrement Des fruits mûrs à chaque pas La peau est amère mais la chair est riche Et le jus délicieux Et...
Aux frontières de ton silence Un peu de lumière sourd Un frisson court Je suis bien installé Ça peut durer longtemps
C'est dans une flaque Ton visage amusé Un grand pied s'y jette Et les miettes Projettent Ton rire en gouttes Sur les pavés
Quelque part sous le ciel Tranquillement Deux êtres se sourient
Tu les connais Tu les diras Les mots qui savent Je t'y aiderai
On voudrait recueillir La dernière étoile du matin Avant qu'elle ne s'éteigne La garder contre soi Protégée du Soleil La remettre à sa place Première étoile du soir
Juin attendra Nous avons un hiver à habiter Couverts de givre nous devons Couver Incarner Garder la flamme Souffler la buée Aimer le noir et blanc, les formes d'arbres nus, La lumière vitrifiée
Le monde avait oublié ce bassin, Son eau sombre épaisse Refusant la lumière, Les poissons énormes millénaires Qui tournent dans le fond, Comme des mauvaises pensées.
Et toi Qui lis Qu'aurais-tu écrit ?
Je me suis trouvé vide En rencontrant mon arbre Savoir pourquoi...
Une étoile seule dans un ciel vidé Que s'est-il passé ? Quelle aube exagérée A balayé le ciel ? Il faudra qu'elles reviennent Il faudra retrouver Le décor des années Anciennes
Sur le fil La bascule oscille Tout brin d'air l'agite Le frisson Le retour au calme C'est sa vie Jamais ne s'ennuie
Plus rien n'atteindra ces hauteurs Pas même le rire un peu gras De vos avenues du déshonneur
Je vis dans moi Et à l'extérieur de moi Des choses symétriques Cohérence ultime Ou hasard de facture Peu importe On observe en tout point Fusion de la forme et du fond Origine d'une obsession ?
Il porte dans son dossier Plus de noms qu'une mémoire Le poids ne le freine pas Il posera cela N'importe où Pour lui cela n'est rien
Des graviers dans les bottes Après beaucoup de pas Ils deviennent grains de sable Ils s'affinent Et la douceur
Ce que, rouge et strié, Tu t'époumones à crier N'est que ton ombre posée Sur le miroir de ta courte vue
Est-il vraiment là L'esprit affamé qui frappe à ma porte ? Réclame sa part de larmes et de sang M'offre crocs et griffes Me lance en chasse Ou puise à la source Mais c'est moi que je mords !
Sur nos pas maintenant La poussière s'entasse Donne à la surface Un ton distant Nous savons qu'il suffirait d'un peu de vent...
Lancés sur la piste de Vieillard-qui-bondit A chaque pas nous apprenons une chose Surprenante On dirait qu'il a mille ans Et plusieurs tours du monde D'avance Chaque soir Autour du feu qui nous renforce Nos chants et nos danses nous montrent La suite...
"Le sommeil c'est fait pour rêver. Sinon, que deviennent les rêves ? Ils se promènent en plein jour, Et on ne sait plus où on est !" ...disait mon vieil oreiller.
Ton visage change Et tes couleurs de peau Ne sont jamais les mêmes Ils me demandent à quoi je te reconnais
Pathétique et superbe La dernière frange de lumière Passe l'horizon Avec elle tous les regards Aspirés
À bout de souffle Ou presque Jamais vraiment Accroché à l'horizon Le bout recule encore