Le verbe sensible... Un texte par jour.
Des couleurs étalées Sur les vitres Dehors le monde Est dansant Dehors le monde Est dans nos yeux
Voulez-vous perdre Avec délice Le sol Et une part de vous Que rien d'autre ne retient C'est facile C'est déjà perdu
Créer encore Chaque jour Un peu plus terne Ce n'est pas la couleur qu'il faut changer C'est la forme
Encore un Musée-vivant- Labyrinthe A l'inventaire Aussi fourni que le mien Aux plans plus complexes encore Tourne dans ma zone Apprécie le contact Propose des échanges Encore une fois Je réponds à tout Je me mets en phase J'accepte les risques - Et ensuite...
Les racines courent et affleurent Traversent la surface Est-ce pour un arrachement ? Les racines voyagent Se nouent S'envolent Dépassent les sommets Une feuille se détache Les nouvelles circulent
Le plus léger des souvenirs S'allume un soir On dirait que j'y entre Le dos d'abord Allongé Plus ou moins Désempesé
Encre encore l'explosion Qu'il en reste une trace Pluie d'étoiles et chute de cendres Dessine ! Retiens ! Étreins ! Copie ! Enregistre le jour Avant qu'il ne s'éteigne
Dans sa voix Des graines de vent Où fut son chant Revenons dans un an La cueillette Nous envole
Le plan de vol Et tout l'équipement Les vivres et le courage Et les ailes musclées Mais si le cœur est trop lourd ?
Un souffle glacé s'enroule Remplace ma chemise Et j'oublie toute chaleur Entre deux bouffées Timidement le souvenir Tente une fragile Infusion
Nous sommes en chemin. Nous savons dans nos gènes Ce qu'il faut d'amertume Pour un Soleil serein. Vous comprendrez Demain peut-être
Fini le voyage en orbite Il faut retraverser le ciel L'air qui brûle les ailes Bien plus tard L'arrivée au sol Reste un grand froid cosmique La mémoire calcinée La trace des grands espaces
Si nos sons se rapprochent Dans l'énergie pure Faisons en sorte qu'ils se touchent \ +| / * \ | / + ____ ____ * */ | \ / | +\ En petits grains Sur nous Comme une douche
Mon vieux parapluie Ne voulait plus être mouillé Il s'est envolé
Reçus du passé Des listes de mots Sans lendemain Je parle une langue de marbre Avant que ta voix ne se brise Une dernière fois Les chanteras-tu avec moi ?
Nous étions un nous étions deux Nous sommes seuls Que je crie ou que je taise Tu ne seras plus moi Qui faut-il que je soie ?
Toute l'eau que tu as bue Qui t'a ranimée Il a bien fallu la puiser quelque part Et lentement Mes yeux s'en remettent Un air puissant les sèche
L'éclat de passage D'un regard éteint Cherche un œil où naître Un où se transmettre Un long parcours Parions qu'il se dédouble Et se croisera lui-même
Comme un refus de mémoire Des images restent en attente Sans nom
Elle est tombée La rivière Où nous aimions aller L'eau ne veut plus Les remous refusent Plus un caillou ne chante Autour de nous Le lac salé s'installe
Derrière tous L'instable rit Pour lui le rire C'est une bouée
Une voix venue du vent Modèle un coussin d'air J'y pose ma tête Allongé dans l'herbe jeune J'essaie de comprendre C'est hors de propos
Des brumes qui sortent de moi On extrait des miracles Des choses que je n'ai jamais vues On me prend pour un autre
Qui es-tu Pour guetter Sur la terre nue L'herbe bientôt née ?
L'hésitation Qu'elle fertilise nos champs morts