Le verbe sensible... Un texte par jour.
C'est le cri étriqué Qui cherche à s'élargir Il s'accroche à un souffle Et franchit la bouche
Les avez-vous vues Ces tierces disparues Pendues au cou de verre D'accords à cristaller ?
Sur les feuillets jaunis Des paupières usées L'ocre devient le blanc Et toute vie s'élève
Le printemps S'est trompé d'étage Il se lève et repart Il referme les bourgeons et reprend toute la sève Ce n'était pas ici Il va sonner plus loin
J'observe des joues À la couleur changeante Un rouge fier et lent Fragile sur beiges profonds Comme une respiration Le souffle montant d'un grand arbre
Ce n'est peut-être que la poussière Qui rend les choses lourdes
Je suis un mot lisse Je glisse dans ta bouche Aucune aspérité n'accroche Ni ne cogne aux dents Tu me dis et m'oublies Pas moi Je reviendrai Tu me rediras
Au creux d'un refuge isolé Sur une table encombrée Dans un bol oublié Fumant [...] attend
Accrocher des couleurs Sur les branches mortes De nos vies La sève aura peut-être envie d'y revenir Déclenchement Erellwen
En attendant L'urgence grandit Elle prend la forme Et la taille D'une pieuvre Elle pond ses œufs Dans les yeux dans le souffle Elle devient le tout
Sous une fine couche de verre Le flacon d'un parfum piquant Audace et fermeté Enfermées Attendent Le jour du bris Le jour du vol en éclats Des tessons des effluves Air et verre Se souviennent
En voilà un qui s'est cru nu Épluché Un que le pourpre du soir a couvert De baumes et de manteaux Voilà qu'il n'a rien vu Voilà qu'il reste couché Sur le sable humide La marée l'envisage
J'aurais bien revu le jour Avant de te revoir Cet ordre aurait calmé les nuits
C'est dans le creux d'une main Que ce grain de lumière Se sent bien Ne pas se demander pourquoi L'accueillir
Être doré Par la couleur des flammes Que signifie ce regard Appuyé ? Ton ombre ou ton éclat Lequel m'emportera Peu importe Demain ne resteront Que des cendres
On murmure dans mon dos Que je ne verrai plus le jour On me dit perdu sous les profondeurs puantes De forêts brûlées Je laisse dire Je vis J'ai du soleil sous les paupières
Toutes choses assourdies La note qui dure A quelque chose à dire
Regarde où nous sommes Il nous faudrait pour toucher terre Tendre le bras si loin ! J'y resterais des siècles Mais tu paniques Et tombent les plumes
Un grand souffle Balaie Et aère Les formes n'ont pas disparu Mais Elles n'enferment plus
Oubliez-moi plus souvent Mentez-moi sinon Faites de moi un inconnu Voilez vos regards Et tout ce qu'il est possible de voiler Envoyez du vent dans les voiles Et partez ! Plus tard À votre retour Vous me direz
La fumée durcit Autour de vos têtes Se charge d'orages Solides et anguleux La première goutte Serait un désastre
Mais regarde Derrière toi Ton ombre devient belle Dans ton dos Ton ombre se détend Tu devrais la suivre
Il avance L'iris crispé Vers la porte De sortie Du désert Il ne gardera qu'un souvenir sec Et du sable dans les oreilles
Peut-être que ces mots Prêts à être lancés Se sont cognés au front La sortie trop serrée Les a tenus à part
Elle regarde des choses Qui n'existent pas Elle danse sur des airs Que personne n'a joués Elle chante pour des gens Qui ne viendront jamais Et nous, anonymes, N'existons plus que par sa voix, Sa voix, qui fait revivre un monde Que nous avions perdu e...