Le verbe sensible... Un texte par jour.
Lutte lointaine Des coups nous parviennent Feutrés
Le désordre en attente Peuplé jusqu'à l'os De sons qui ne se connaissent pas L'instant de leur accord Qu'on s'y attende ou non Transporte Toujours Le temps se concrétise L'espace agrandi Existe une fois de plus
Ce soir sur le versant nord Tous les ruisseaux L'eau s'enfuit Tous quittent mes pentes Et n'y reviennent plus
Avance et recule Dit le sable D'un ton vague Quelques pieds se mouillent L'un d'eux déborde et Les éclébousse Il est déjà loin Ils n'ont rien compris
Tu la projettes Elle te fascine Absorbée par ton ombre Me verras-tu ?
Le Soleil - ou son frère Par la fenêtre étroite Un carré sur le mur - Et la lumière parfume - Et presque la chaleur
C'est un ailleurs proche J'y ai marché Je m'y suis assis J'en ai mangé les fruits Et le Soleil Dans ma coûteuse cuvette J'en rapporte peu Des mémoires Et une grande soif
Un peu tard pour la fête Je reste le dernier Les pieds froids Les cheveux collés Les lumières s'éloignent J'attends qu'on m'interpelle Je parle aux verres vides À distance Le sommeil me regarde Sans bouger
Dire sans dire Les mots cachés Se rendent admirables Une belle voix les savoure Mais je sais Comment les entendre Pour en toucher le cœur
Suis le fil torsadé D'une phrase bouclée Vers le nœud délicat D'un mot indécis Reste en suspens ou Viens-en au cœur
Quand tu deviens marécage Dis-moi Qui me renvoie ton image Brûlante Comme tes souffles d'autrefois ?
Aucun mur Vous ne savez pas qui je suis Je les rongerai tous Les obstacles en poussière Et les fossés suturés Dans mon dos Tout repousse En plus beau
À la pointe d'un doigt Ou ailleurs La plus petite surprise de tous les jours Frôle la vie
Au fond d'une sorte de trou Pas un bruit Mais un regard Les parois tournent Emportent dans leur lenteur Mon appel Je ne bouge plus J'attends qu'il arrive Et la réponse
Peut-être un peu coule de vos doigts De la sève ou du sang Que vos enfants réclament Toutes les mères ont les mains sales Mais leurs caresses...
Douceur limpide Sur nos sens aiguisés La lumière d'hiver Nous inonde Sans nous toucher
On dirait qu'ils attendent Ce n'est pas très net Peu importe je me lance On verra bien ce qu'ils diront L'histoire commence à peine
L'œil en face transperce Je crois qu'il m'observe Mais il voit bien plus loin
Nuitée sauvage Les ailerons galopaient Nous étions évasifs Et acaparés Ventre à terre sur les grandes plaines Unis comme les doigts d'un poing serré Et tu me dis que tu ne te souviens pas...
L'insecte me regarde Et ne bouge plus Et le temps passe L'ombre de ses ailes A changé de place La nuit venue Il murmure Des secrets Il connaît Mon vrai nom
J'aimerais visiter Les toits de toutes les villes Sur le dos d'un chat Ses yeux lumineux Éclaireraient le monde Avec d'autres couleurs
Partout, dans les parcours Fléchés Cette petite femme se perd elle adore Ne pas suivre Les flèches
Perce, nuage, perce La réserve de grèle Devient effrayante !
Après l'épreuve Ne plus penser Cela arrive vraiment Cela prolonge l'idée Et le reste Ce qui surgit alors Était-ce prévu ?
Lorsque le Soleil meurt Nos mains sont nos regards Et nous nous observons Frôlant parfois d'un doigt Nos formes et nos frissons Quand Soleil renaîtra Nous nous reconnaîtrons