Le verbe sensible... Un texte par jour.
Je l'ai vue Je n'oublierai jamais La dernière couleur Avant le noir complet
Après la pluie Les gouttes qui n'ont pas eu le temps de tomber Que deviennent-elles ?
Qu'une racine dépasse On la sarcle On la tranche On la pile On refuse l'initiative D'une vie Hors norme
Toi qui m'observes Prolonge ton regard Affine-le encore Si tu plonges plus loin Il y a le non-retour Pourquoi pas d'ailleurs ? Le retour m'ennuie
On a perdu les étoiles On a fermé les yeux Les yeux fermés je ne les vois plus Sont-elles perdues ?
À la pointe des terres Contre le vent des mers J'ai crié mon nom Avec le tien C'est en ce point du Monde Qu'ils sont encore mêlés
Le cœur d'un roc Peut être D'une tendresse millénaire Il n'intéresse personne Il est pris dans la pierre
J'ai crié tous les cris J'ai nourri tous les feux J'ai placé les balises J'ai fait ma part du travail Et maintenant Qui viendra Pour mon sauvetage ?
Déchiré un coin de page (Il repoussera) Planté à l'ombre Arrosé d'encre Devenu arbre Les feuilles tombent Se relient Et du livre Déchiré un coin de page
L'eau n'est pas loin Sa masse a tendu le sol Étiré la durée Desserré les mailles Des fibres de silence Circulent entre les arbres Qu'une ombre s'avance Elle est dissoute
Pour qui se prend ce regard ? Qui prend de la hauteur Se pose sur mes pairs Avec mépris S'agace de leur bêtise Cherche d'où vient sa grande sagesse Ne trouve pas S'en trouve encore grandi Et puis La beauté se révèle en chacun Et l'outre se dégonfle
Le Soleil Comme source principale Signe d'orgueil ? Ou l'écho d'un appel ? Reflet d'un rayonnement interne Qui peine A briser sa coquille
Des chuchotements ponctués d'éclats de bulles Au bord du silence Petits sons se posent un peu partout Dans les mains Sur la peau Près du ventre Embrassent ou soulèvent S'évaporent en couleurs Co-créabranchisation avec Brigitte L.
Les fenêtres défilent L'une d'elles me plaira Je passerai au travers Le sens de la chute ? Il n'y aura plus de chute ! C'est la fin d'un déni d'envergure En orbite Nous nous reparlerons
À notre tour, partons ! Là où s'empilent les sourires Jamais échangés Échangeons-les tous !
Un de mes sens En avance - Lequel ? - Explore à tâtons Les traces déjà visibles D'un passé à venir
Des feuilles trop pressées N'ont pas attendu l'automne Tournoiement d'été
Elle est retrouvée, la beauté Calme posée nue, épurée L'avenir en angle ouvert La route est libre et j'ai jeté mes chaussures Où je vais, la toucher
La crise de l'existence N'a pas frappé Elle a fait croire qu'elle allait Elle a posé Elle a laissé Une trace de doute
Des nuits longues comme des jours Où l'air est comme du verre Harcelé d'idées Les nerfs hurlants Le temps bruyemment patine Piétine ma poitrine Et raye le thorax
Sur tous les visages Des masques En couches épaisses Peu à peu Les tiens les miens Feuilles mortes Se détachent
Un tissu comme un silence Tendu sur la ville L'étoffe et le froid D'un lourd manteau blanc Sans l'éclat Entendre le perce La voix Des trous fins et droits
Vers tous les pays Levons-nous et marchons Relions nos yeux Nous verrons le monde
Comment peux-tu vivre Refusée à toi-même Des billes noires à la place des yeux ?
Tout être, toute chose ou évènement qui est, n'aura peut-être jamais de meilleure existence que dans le regard d'autre être.