Le verbe sensible... Un texte par jour.
Une poignée d'air À peine coloré Et nous voilà trempés d'écume Du sable dans les cheveux MUGUET double la mise
Miettes de regard Se rassemblent En un clin d'œil Convergent Me frappent Je suis vu Cela change tout
Allumée d'erreur La flamme en silence Brille à contre-sens Imprévue, sa chaleur Posée sur les cœurs Sur les lèvres Élève
Nous sommes les puissants Nous inventons l'oubli Nous libérons les mots Nous secouons les portes Nous scions les barreaux Derrière nous le monde libre Enfin respire !
Par surprise Un nombre indécent Des événements Se produisent Et rien n'empêche Rien ne s'oppose Rien n'évite Rien n'abolit Rien n'organise Tout s'agrandit Tout autorise Par surprise Un nombre indécent Des événements Se produisent
Le bateau baisse les bras Il pense à l'autre bord Il ne croit plus à la traversée L'ancre basse Il attend Que s'épuisent Les marées
J'envoie Devant moi Tous les sons qui me traversent Et les images C'est un champ gigantesque Une bourrasque où s'engouffrent L'air et l'eau De mes vieux jours
Les choses détruites Colorent le sol Le cachent par endroits Les choses détruites Dans l'air épais Ne retombent jamais
La petite rage rouge Rugit encore et ronge Plus rat que tigre Aigrie et grince Et mes oreilles s'en lassent
Ce que le froid lui fait prétendre De la couleur de ses joues Jusqu'à l'allure de son pas Je sais que tout cela n'est rien Sous les écharpes La peau n'a pas changé
M'avez-vous vu, Cet été, Arrêté en plein élan Le pied en l'air, Bloqué entre deux saisons ? Il me semble l'avoir reposé. Quel temps fait-il maintenant ?
Petit bourgeon Dort encore Rêve à la fleur Qu'il sera
Une forme apparue Au revers du décor Bientôt réelle En l'attendant Vivre sur ses contours L'imaginer réelle Ne doit pas empêcher d'être
Toute la course d'une nuit assoiffée Il aura fallu Toutes les doses de demi-Lune
Petite suite Devine Son passé Les indices Sous l'ombre portée
En quelques instants Même couchant Le Soleil efface De ton visage La morsure délicate Du vent
Le visage perdu Dans des mains opaques C'est l'air usé qui s'accumule Les poches d'eau Des lacs et des fleuves La grande vallée, l'océan ondulé Un point fixe à l'horizon Un silence Un souffle Et revient au monde
Ne griffe plus Ni murs ni nuages Les souvenirs se gravent Plus profond Les nuits sont plus tendres
Je suis un promeneur Professionel Solitaire Mais jamais seul Ma vie est un chemin secret Qui contient tous les paysages
Drôle d'élan Qui me propose Comme endroit le plus agréable Un point le plus éloigné De mes semblables Refus d'une origine, Ou recherche d'une Plus ancienne ?
Brutal. Le stop a surgi Au visage Avec les crocs Serrés Au lieu de mordre Il a cogné
À La naissance d'une rivière Tout n'est pas prévu Et pourtant les litres arrivent Les vallées alignées Ne suffiront pas, non, L'Océan ! Il faut l'Océan ! D'urgence !
Le cri que tu as lancé Qui a franchi ta gorge Droit comme une aiguille S'est bien planté Ici, le temps pourra l'émousser Ou en faire sortir Peut-être Une nouvelle sorte de plante
Ce qu'attirent tes cheveux À part la lumière Et des odeurs amies C'est un fragment de moi secret Que je gardais juste pour ça.
Pourquoi prendre corps ? Je resterai hors Un vertige a tenté Une danse essaie De m'atteindre Je resterai hors