Le verbe sensible... Un texte par jour.
Ce soir hors de l'eau La contagieuse nuit Mord sur mon ombre Et l'efface
De retour Qu'as-tu vu ? C'est un trou dans le ciel Par où partent En fin de nuit Tous les rêves qui n'ont pas trouvé de rêveur
Il est grand, le pouvoir D'émettre un chant ! Quand tout l'être Devenu lumière Aux couleurs voulues Rayonne Ondule Se pose sur qui veut Transforme Et parfois La voix D'un écueil si noir Que le son tâche Merci Mrs. Muguet pour la provocation
Il peint la mer Flot contre flot Celui de l'encre S'agite Et les pinceaux Ils prennent l'eau Recouvrir les vagues Orner l'océan Peindre la mer Quelle idée
Les marques du jour Demain s'effacent Qu'est-ce qui les remplace ?
Une Aquarelle Il a fallu Que ces deux lignes se croisent
Chaque mot sorti de force Restera bosselé
Venant d'en face Des phrases Qui passent Et n'écoutent rien
Le temps qui passe Efface, dit-on Je vois surtout qu'il se grave Jour après jour Dans nos mémoires de marbre
Ce petit goût de noisette irriguant ton sourire D'où vient-il ? Je sais où il ira.
Dans nos tourbillons Les grands comme les beaux Et les cyclones J'imprime à contre-sens Des lignes de points Taches d'encre Pour demain
S'est posé sur ta joue En équilibre Un projet de baiser
Comment se voir Comment font-ils Eux qui se regardent en face Comment ne pas se voir Épanoui dans le miroir Ou effilé du regard ?
Des éclats dans l'embouchure Dès lors, souffle, souffle, Et jamais n'aspire ! Les éclats déchirent
Le tableau prend vie L'horizon s'éloigne Le Soleil part vraiment Les vagues viennent mourir Au pied de mes vers Qui n'en sont pas Une paire d'ailes frôle l'eau Peut-être sans bruit Des bords du cadre La brume avance Le tableau s'endort
Au loin les êtres mobiles et les êtres sonores et presque tout l’univers sensible Au près l’herbe et les gens Autour d’étendue d’eau indolente Où vert jaune bleu crépitent D’affleurer l’inhumaine En équilibre sur les profondeurs d’elle même Et sur tout...
Au cours d'une danse douce Avec la Terre Sur chant de Lune Je lui fis don de caresses Posées Sur son écorce aimée Redevenu mortel Je parcours sa surface Les endroits bénis se souviennent Fenêtre sur le Monde
Être doré Par la couleur des flammes Que signifie ce regard Appuyé ? Ton ombre ou ton éclat Lequel m'emportera Peu importe Demain ne resteront Que des cendres
Isolé Le petit pré De nos retrouvailles A encore perdu Il nous attend La grande forêt l'avale
Dans une série de bulles Qui crèvent Toutes En quelques minutes On a cru voir un visage Qui n'était pas Un reflet
Escalade Il manque une prise Il faut recommencer La prochaine voie - peut-être la bonne ?
Entre l'ombre infinie Et l'infinie clarté La frontière est étroite Et nous vivons tous là Compressés La zone d'affrontements Où naissent Les couleurs
Plus noire que l'eau de cendre Ce qui brûle c'est la peur C'est la soif Du temps qui peut-être Manquera
Comme un rituel Je parle encore d'ailes Et d'air - et d'azur
Le soir posé C'est toute la chaleur Qu'on regarde partir Qui s'arrache des corps Spectacle tragique Immense et fascinant