Le verbe sensible... Un texte par jour.
Que vois-tu maintenant ? Des gris ! des gris De toutes les sortes Peints à la faux Sur toutes les portes
Le gris du milieu Plane amorphe Entre clair et foncé Une goutte d'encre Aléatoire Pour briser le charme
Le secret qui me reste Rétrécit Encore un peu et Je l'oublie
Un peu de souffle se perd Dans les mots qui rayent À force de les dire Des pointes aigües cristallisent Déchirent la gorge Épinent les yeux Et dans ces yeux Tout devient laid
Deux perdus se regardent L'air fendu entre eux Les regarde aussi Peut-être l'un d'eux Recevra en creux La première phrase
Un jour L'eau des sources Sera plus vive Un son pour chaque goutte Dans l'océan Grande harmonie Les vagues et les ondes Se confondent
Tout Rêve Porte Son Propre Possible
L'insecte se dépose À la surface d'une feuille Encre ou sève Quoi qu'il y trouve Il s'en nourrira Il faut pour cela Qu'il ose Qu'elle veuille
Peut-être un corbeau Je n'ai pas bien vu Cela était noir et volait A lancé une menace Ou était-ce un adieu ? Ou un chant désuet Superbe et sans but
Une fissure Sur la limite nord De la vie Elle s'échappe Vers de nouvelles terres
Toute verte, comme les prés avant les fleurs Comme dans ta voix revenant de loin Le bourdonnement de la vie
Les rivages s'éloignent On voit tous les rêves Replier leurs ailes Monter un à un Dans le grand porte-rêve Qui attend L'autorisation de décoller Qui attend
La Lune Là-haut Toute seule Elle doit s'ennuyer... Si je pouvais Sur une échelle apprivoisée Monter Lui raconter des histoires Lui apprendre à danser
Il paraît que d'en haut On voit des forteresses Verrouillées de l'intérieur Bâtissant des murs Se cognant à d'autres Il paraît qu'on se demande La première clé arrivera-t-elle Avant la dernière brique ?
Une bulle dans une bulle Respirent ensemble Ne disons rien Laissons-les tranquilles
Et pourtant je suis né Je me souviens Je ne voulais pas Et puis j'ai créé les sons La chaleur Les odeurs La matière Chaque instant est un jeu
L'envie qui vient Et qui repart Et qui revient C'est peut-être là le plus grand mystère
Tout près d'une étoile géante Deux ondes se croisent Se traversent S'éloignent Reste une vibration Très fine Je l'ai reçue Ce soir-là Je l'ai gardée Et pour qui sait Le fond de mes yeux La transmet
Puiser sans relâche Creuser sans outils Remuer la terre Sans rien à planter
Nous voici marchant Puis ne marchant plus C'est étrange Depuis des jours Sur une route effacée Une nouvelle vie nous est offerte Et nous ne savons qu'en faire
Un pied avance L'autre s'enfuit Entre les deux mon corps s'étire La déchirure Un jour Semblera logique
Je marcherai seul Je prendrai les couleurs de la route À force de soulever la poussière Je me confondrai au sol Et à la Terre Je suis le sol Je suis la Terre
Et maintenant la recherche Va occuper le présent L'avenir discrètement Se positionne
Le vaporeux qui n'existe que presque Il est mobile est instable J'en ferai du chemin - durable et sûr J'en ferai la distance J'y tendrai mes projets Tout ce qui tient contre l'attente
Quelques barreaux de fer Imaginaires Sont sciés chaque jour C'est ton regard tranchant Sur ma vie Sur le monde